Au cours de l'été, les États-Unis ont annoncé leur deuxième trimestre consécutif de baisse du PIB, ce qui est généralement considéré comme une récession. Pourtant, le gouvernement américain a mis en avant des données économiques qui suggéraient le contraire : une forte croissance de l'emploi, des bénéfices solides pour les entreprises et des dépenses de consommation soutenues. Toutefois, cette situation a suscité un débat considérable sur la question de savoir si les États-Unis étaient entrés en récession et si le Canada allait suivre. La sémantique mise à part, il ne fait aucun doute que nous sommes entrés dans une période de ralentissement économique, en grande partie à cause des efforts continus des banques centrales pour augmenter agressivement les taux afin de freiner l'inflation.
Des taux plus élevés augmentent le coût des emprunts, ce qui peut inciter les consommateurs à moins dépenser. Si la baisse de la demande de biens et de services atténue l'inflation, elle peut aussi avoir une incidence sur la rentabilité des entreprises. La hausse des taux augmente également le coût des emprunts pour les entreprises, ainsi que le coût de la dette. Parfois, les entreprises répercutent ces coûts sur les consommateurs. Toutefois, si elles ne peuvent pas le faire, cela peut avoir une incidence sur les bénéfices et faire baisser le cours des actions. En outre, les valorisations diminuent souvent parce que la valeur future des flux de trésorerie est plus faible lorsqu'un taux d'actualisation plus élevé est utilisé. Sur les marchés à revenu fixe, la hausse des taux d'intérêt entraîne généralement une baisse des prix des obligations. C'est la raison pour laquelle les marchés boursiers et obligataires ont connu des difficultés en 2022 lorsque les banques centrales ont relevé leurs taux.
Le célèbre économiste John Kenneth Galbraith a dit un jour : "La seule fonction des prévisions économiques est de rendre l'astrologie respectable". Bien qu'il s'agisse probablement d'une plaisanterie, l'idée est de suggérer que personne ne sait avec certitude comment les économies se comporteront à court terme. Des ralentissements économiques se produisent de temps à autre et les récessions peuvent être de durées et d'intensités très différentes. À l'heure où nous écrivons ces lignes, les marchés du travail restent relativement solides, avec un taux de chômage et un nombre d'offres d'emploi faibles. Alors que le chômage devrait augmenter avec le ralentissement de l'économie, les taux d'épargne plus élevés de nombreux ménages canadiens pourraient servir d'amortisseur. La productivité est également stable et notre économie a bénéficié du fait que nous sommes un exportateur net de ressources. C'est pourquoi certains pensent que le Canada pourrait éviter une véritable récession.
L'éventualité d'une récession ne devrait jamais être une raison pour envisager de réduire les programmes d'investissement. Les portefeuilles ont été positionnés de manière à pouvoir faire face aux inévitables périodes de ralentissement, en mettant l'accent sur les investissements de qualité, dont on peut s'attendre à ce qu'ils reprennent leur valeur lorsque les temps seront meilleurs, ainsi que sur la diversification et la répartition des actifs, afin de réduire les risques du portefeuille. Il faut également tenir compte du fait que le marché boursier et l'économie n'évoluent pas toujours de la même manière au même moment. L'histoire a montré que les marchés peuvent entamer leur ascension lorsque les conditions économiques sont les plus mauvaises. Un coup d'œil rétrospectif sur les sept dernières récessions américaines nous rappelle que l'indice S&P 500 a, le plus souvent, entamé son ascension au plus profond d'une récession (graphique).
Un repli, puis une nouvelle croissance
L'histoire nous rappelle également que les périodes de repli ont toujours été suivies d'une nouvelle croissance, d'une expansion économique et d'une amélioration de la valeur des actions. Il n'y a guère de raison de s'attendre à ce qu'il en soit autrement dans ce cycle. En outre, même pendant les périodes les plus difficiles, les choses peuvent changer rapidement, il faut donc continuer à regarder vers l'avant. Comme toujours, nous restons à votre disposition pour vous apporter notre soutien.